Virginie Caubert
Accompagnement de santé holistique à Aix-en-Diois
 
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Le jeûne au service de notre santé (3/3)


Voilà le troisième article consacré au jeûne ! Après avoir évoqué les modalités générales du jeûne, ses vertus et les différentes manières de le pratiquer dans un premier article, après avoir évalué les différents paramètres qui contribuent à ce que l’expérience du jeûne se fasse dans les meilleures conditions, nous élargissons aujourd’hui nos considérations : et si jeûner ne concernait pas seulement notre corps et son fonctionnement ? Et si le jeûne se vivait aussi dans les autres dimensions de l’être ?

La globalité de l’être

La compréhension holistique de l’être et du vivant, c’est un des fondamentaux de mon approche et de la naturopathie. De quoi s’agit-il ?

Il s’agit simplement de considérer que nous ne sommes pas qu’un corps, avec son fonctionnement organique et ses régulations physiologiques, aussi prodigieux que cet organisme puisse nous apparaître.

Tout un chacun aura sans doute pu en faire l’expérience, nous sommes traversés par des émotions, des pensées, animés par certaines énergies ; et puis, nous sommes en interaction à différents niveaux : au sein de notre famille humaine, à différentes échelles (familiale, sociale, culturelle), sur cette planète, avec les autres formes de vie qu’elle héberge, et enfin, nous pouvons nous relier à ce qui nous dépasse, à un plan que j’appellerai spirituel, qui peut se vivre selon une multitude de sensibilités et de formes et qui, pour être plus difficilement appréhendable par une approche rationnelle, n’en est pas moins réel dans cette perspective holistique.

Jeûner aurait-il une incidence sur ces différents plans en plus de contribuer à une formidable régulation de notre organisme ? L’expérience autant que la tradition le confirment et c’est ce que je vous propose d’approfondir ici.

Le jeûne et les émotions

Jeûne et émotions

On reconnaît aujourd’hui clairement à quel point notre réalité neuro-psychique est corrélée à l’état de notre écosystème intestinal.

Jeûner met au repos le système digestif et assainit, réparer, restructure l’écosystème intestinal ; pouvons-nous seulement douter que cela pourrait affecter nos émotions ?

Là où l’alimentation constitue une des premières et des plus spontanées ressources pour faire face à nos émotions, en mode compensation, évitement, mise à distance etc. (en lien avec les mémoires archaïque du nouveau-né qui, en même temps qu’il reçoit la tétée bénéficie la plupart du temps d’un câlin, de chaleur, d’attention, d’affection, de contenant… soit d’un ensemble de nourritures affectives), le jeûne, en nous ôtant la ressource alimentaire, nous place face à nos émotions, celles dont nous sommes conscients comme celles que nous refoulons, celles qui nous animent quand bien même nous ne les exprimons pas toujours.

La confrontation se vit donc, mais elle n’est pas forcément pénible ou déstabilisante aussi longtemps qu’on l’accueille. En effet, le jeûne réduit notre réactivité, nous place en état de plus grande disponibilité. La vulnérabilité liée à la situation de ne pas manger, parce qu’elle est choisie, soutenue et accompagnée, constitue le creuset de la pacification émotionnelle. Jeûner nous révèle nos ressources insoupçonnées, ouvre la possibilité d’un allègement voire d’une résilience de la même manière que cela met au grand jour les capacités de notre physiologie.

Ainsi, le jeûne nous offre l’opportunité de faire un grand ménage dans nos émotions, tout en soutenant notre joie profonde : la sécrétion de sérotonine augmente, les corps cétoniques ont un effet euphorisant. …) Et j’ai accompagné plusieurs jeûneurs qui venaient retrouver cet état un peu grisant auquel le jeûne peut donner accès.

Dans les temps de chagrin ou de deuil (d’un être cher, d’une situation, d’une phase de vie), le jeûne peut constituer une ressource, un chemin, un apaisement.

Jeûne, système nerveux et pensées

Jeûne et créativité

Jeûner, c’est faire l’expérience d’un ralentissement, d’une moins grande réactivité. Quand le stress nous place en situation d’urgence (réelle ou imaginaire), le jeûne, par l’intermédiaire du système nerveux autonome dans sa branche régénératrice (parasympathique), favorise le temps de la contemplation ; les sens sont aiguisés, le cerveau intuitif s’ouvre alors que le cerveau analytique semble mis en déroute. Et de la même manière qu’on ne voit pas le même paysage lorsque l’on voyage à pied, en vélo ou en voiture, le changement de cadre qu’opère le jeûne permet de changer de regard sur soi, sur sa vie, sur le monde. Petit pas de côté ou grande prise de hauteur, dans tous les cas, c’est la possibilité de changer de lunettes.

Un des témoignages qui revient le plus souvent concerne la sensation d’un repos profond et pas seulement d’ordre physique, l’expérience d’un calme intérieur qui perdure plusieurs semaines après la reprise alimentaire, une prise de recul salutaire dans une vie où les sollicitations nous assaillent partout tout le temps.

Le dépaysement perceptif opéré par le jeûne ouvre grand la porte à l’intuition et à la créativité, comme si notre cerveau, libéré pour un temps des préoccupations habituelles, redirigeait ses capacités vers un champ informationnel plus vaste et plus ouvert, propice à l’émergence de formes nouvelles et inédites.

Jeûne et relations interpersonnelles (familiales, sociales et culturelles)

Jeûne et relations interpersonnelles

Le jeûne est un véritable pied de nez à la société de consommation, l’exemple parfait qu’avec du moins on peut accéder à du plus (de santé, de bien-être, d’épanouissement, de conscience, de souveraineté…). Jeûner pourrait même constituer, dans notre culture de la productivité, de la performance et de l’oubli de soi une véritable mesure de résistance, comme ça l’a été en d’autres lieux et d’autres temps (par exemple avec Gandhi et la lutte pour l’indépendance de l’Inde).

Au sein d’une famille, lorsqu’un des membres décide de jeûner, c’est parfois les croyances de tous les autres qui sont mises à l’épreuve, invitant chacun à questionner ses fondements, ses valeurs, voire à un renversement complet de paradigme : oui, il est possible de passer une semaine sans manger, sans se mettre en danger et de revenir en pleine forme, ravi de son expérience !

Jeûne et dimension éco-planétaire

Jeûne et dimension éco-planétaire

Le jeûne constitue un modèle organique de soutenabilité et de gestion des ressources au bénéfice de l’organisme dans sa globalité. Si cette écologie se fait spontanément à l’échelle de notre corps, elle peut être réalisée à d’autres échelles sur la planète par le soutien aux processus du vivant avec humilité, confiance et une écoute respectueuse.

Comme le corps est une boussole fiable dans la traversée d’un jeûne, ce corps que nous pouvons réapprendre à écouter pour faire alliance avec lui, la nature, dans les multiples expressions dont elle est capable, pourrait être ce témoin-guide de voies d’équilibre que nous n’avons pas encore considérées, pour peu qu’on ne cherche pas à l’enfermer dans des calculs analytiques ou productivistes et qu’on accepte d’être enseigné par elle.

Jeûne et spiritualité

Jeûne et spiritualité

Enfin, la très longue histoire du jeûne et indissociable de celle de la quête spirituelle et toutes les traditions religieuses, mystiques, ésotériques ou initiatiques ont intégré le jeûne dans leurs pratiques.

Jeûner nous met en présence du sacré, du grand mystère, de l’inappréhendable. Le vide expérimenté dans le corps, dans le dépouillement du temps quotidien, connecte à une autre qualité de vide, qui paradoxalement n’a rien de vide d’ailleurs : celui de la présence. Présence à ce qui est au-delà de nos perceptions et dont nous pouvons reconnaître l’éclat dans chaque expression du vivant : une cohérence, une harmonie, une évidence. Quand tout est juste là et qu’il n’y a plus de question.

Oui, jeûner ouvre l’accès à certains états de grâce, et ce sera plus ou moins facilité selon le contexte dans lequel le jeûne est pratiqué.

Le jeûne est une expérience initiatique qui, pour peu que vous vous autorisiez l’inconnu, vous mènera peut-être là où vous ne vous attendiez pas à aller, mais certainement là où vous aurez la possibilité de rencontrer un peu plus de vous, simplement, authentiquement.

Comme évoqué dans le premier de ces articles consacrés au jeûne, il y a plusieurs manières d’aborder le jeûne. Pour votre sécurité, votre confort, l’ouverture à une expérience véritablement holistique et individualisée, je vous accompagne avec mon expertise, mon professionnalisme et une expérience de 10 années en centre de jeûne.

 

Crédit photos: Liptovksà Mara, Yoann Boyer, freepik


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